Les EVB rendent hommage à Claude Villeneuve

D'emblée, Claude Villeneuve se décrit comme un professeur heureux. Pour lui, l'éducation est le seul outil qui peut changer le monde. Ce professeur de l'Université du Québec à Chicoutimi, qui a créé et développé un diplôme d'études supérieures spécialisées en éco-conseil, était encore avec ses étudiants le 27 juin, ses « éco-conseillers qui ont le potentiel de transformer la société ».
Claude Villeneuve a toujours été une personne très occupée. Avant d'enseigner à l'université, il a enseigné la biologie au collégial et a donné des cours par correspondance en environnement québécois. De plus, il a été bénévole à ENvironnement JEUnesse, puis il a été directeur de l'Institut d'éco-conseil de Strasbourg d'où il est revenu avec une bonne connaissance du programme en éco-conseil qu'il a ensuite implanté au Québec. Entre-temps, il n'a jamais cessé d'écrire des essais sur l'environnement, la gestion de l'eau, les changements climatiques, l'état de la faune et de la flore du Québec, etc.
M. Villeneuve est un homme d'action, un homme de terrain qui croit réellement pouvoir contribuer à changer le monde. Le programme qu'il a mis en place est un programme appliqué qui a des impacts réels sur la société. Les étudiantes et les étudiants, après avoir suivi 900 heures de cours intensifs, font des stages rémunérés et réalisent des projets réels comme les capsules Éco-conseils diffusées à la radio de Radio-Canada. Ses étudiantes et ses étudiants ont aussi réalisé un programme sur les changements climatiques pour Alcoa ; ils ont travaillé à monter un projet de politique environnementale pour les caisses populaires Desjardins ; ils ont monté un système de gestion des matières résiduelles pour l'ensemble des parcs du Québec, etc.
Notons que l'Université du Québec à Chicoutimi est la seule université à dispenser cette formation, ce qui assure une certaine pérennité au programme parce que, selon lui, « le temps est l'indispensable compagnon de l'éducation pour changer le monde ». Il rêve du jour où les maîtres seront remplacés par les élèves et c'est cet aspect, à plus long terme, des Établissements verts Bruntland qu'il trouve intéressant.
Outre ses nombreuses activités de chercheur et de professeur, Claude Villeneuve est aussi président de la Commission sectorielle pour les sciences naturelles, sociales et humaines de la Commission canadienne de l'UNESCO. Il a d'ailleurs travaillé comme consultant agréé pour l'UNESCO en réalisant un mandat de programme international d'éducation à l'environnement. Notons que son ouvrage publié en collaboration avec l'UNESCO, Qui a peur de l'an 2000 ?, résume ses travaux sur l'éducation à l'environnement pour le développement durable de 1987 à 1997. Pour lui, l'UNESCO est un laboratoire d'idées qui donne des pistes pour le changement. « C'est notre devoir d'essayer de changer le monde », dit-il.
Il s'estime chanceux d'avoir le pouvoir de comprendre, de convaincre, d'agir et de montrer l'exemple. « Nous sommes tous responsables des gaz à effet de serre. Il existe un lien direct entre la croissance économique et l'accroissement de la pollution. Mais il est possible de montrer l'exemple. Je me suis acheté une voiture hybride, par exemple. Cette dernière consomme 4,5 litres d'essence aux 100 km, alors qu'une voiture de type Hummer fait 4,5 km au litre… Je me fais un devoir d'expliquer à mon voisin que c'est beau de ne pas gaspiller, que je peux être heureux avec moins. ».
Même si Claude Villeneuve est reconnu comme un des grands scientifiques du Québec, il est sollicité partout pour donner des entrevues ou pour faire des conférences. Il a reçu de nombreux prix prestigieux, dont celui du scientifique de l'année en 2001 et l'enseignement demeure la plus belle partie de son travail. Rien n'est plus emballant pour lui que d'avoir de l'influence sur les pratiques de ses étudiants, de susciter des questionnements, de les faire réfléchir parce que « l'univers est plein de réponses à des questions que personne ne se pose ».
Légendes :
Claude Villeneuve a reçu un hommage des EVB pour sa contribution à l'éducation à l'environnement et au développement durable.
La nouvelle présidente du Syndicat de l'enseignement de Champlain, Monique Pauzé, a reçu un des trois papillons d'or, « l'Oscar des EVB ». Les deux autres sont allés au Syndicat de l'enseignement de l'Ungava et de l'Abitibi-Témiscamingue et au Syndicat des enseignantes et enseignants des Laurentides.

